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Boulogne-sur-Mer : une ville à découvrir en deux temps

  • il y a 5 jours
  • 3 min de lecture

La plupart des gens qui passent par Boulogne-sur-Mer ne la voient qu'à moitié. Ils longent le port, ils aperçoivent les chalutiers, ils s'arrêtent peut-être à Nausicaá. Et ils repartent en croyant avoir vu la ville. Ils ont vu le bas. Il en reste le haut et c'est là que Boulogne devient encore plus intéressante.

Cmcmcm1, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons
Cmcmcm1, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Acte 1 : en bas, le port gronde

Boulogne-sur-Mer est le premier port de pêche de France. Ce n'est pas une formule touristique mais une réalité concrète, bruyante, odorante, qui se vit à cinq heures du matin quand les chalutiers rentrent et que la criée s'anime. Chaque année, 30 000 tonnes de poissons passent par ses quais. Harengs, soles, turbots, thons rouges.


Le port n'est pas qu'un site industriel. C'est le cœur économique et identitaire d'une ville qui vit avec la mer depuis deux millénaires. Jules César a installé ici son camp de base en 51 avant notre ère pour lancer l'invasion de la Bretagne. La position était alors idéale.


La parenthèse Nausicaá

Tangopaso, Public domain, via Wikimedia Commons
Tangopaso, Public domain, via Wikimedia Commons

Avant de monter vers la haute ville, une halte s'impose au bord de l'eau. Nausicaá, le Centre National de la Mer, est tout simplement le plus grand aquarium d'Europe. 60 000 animaux, 10 000 m³ d'eau, et surtout cette grande baie vitrée de 20 mètres de long sur 5 mètres de haut dans laquelle requins gris, raies manta géantes et bancs de poissons scintillants évoluent sous vos yeux.




Le spectacle est hypnotique, même pour ceux qui pensaient ne pas être sensibles aux aquariums. Nausicaá ne se contente pas de montrer des poissons mais il raconte les océans, leur fragilité, leur richesse, leur rapport avec les hommes. Une visite qui mérite deux heures minimum, davantage avec des enfants.


Acte 2 : en haut, le Moyen Âge intact

Pierre Poschadel, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons
Pierre Poschadel, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

C'est en franchissant l'une des quatre portes monumentales qui percent l'enceinte médiévale que Boulogne révèle son deuxième visage et son plus beau secret.

La haute ville de Boulogne possède quelque chose de rare en France : une enceinte médiévale conservée sur la quasi-totalité de son périmètre. Pas reconstituée, pas restaurée mais bien conservée. Les remparts du XIIIe siècle sont toujours là, massifs, crénelés, parcourus d'un chemin de ronde depuis lequel le regard embrasse à la fois le port en contrebas et la Manche au loin.


Le château comtal et ses secrets souterrains


Pierre Poschadel, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons
Pierre Poschadel, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Au cœur de la haute ville, le château comtal achevé en 1231 est aujourd'hui transformé en musée. Et ce musée est un de ces endroits qui surprennent agréablement ceux qui n'en attendaient pas grand-chose.

Les collections sont hétéroclites dans le meilleur sens du terme : céramiques grecques antiques, momies égyptiennes, masques, objets ethnographiques, et même une section consacrée au Nautilus de Jules Verne. Le parcours "Les Clefs du Château" permet d'explorer 700 ans d'histoire à travers les murs mêmes du bâtiment.



Où dormir, où manger

L'Hôtel La Matelote marie charme historique et confort contemporain dans ses 35 chambres, certaines avec vue mer et balcon privé. Espace détente avec piscine, jacuzzi et hammam. Idéalement situé à proximité immédiate de Nausicaá. Environ 130€ la nuit.

Les Chambres d'Hôtes du Château, dans les remparts de la haute ville, sont une pépite : bâtisse de caractère, chambres décorées avec goût, piscine intimiste sous les voûtes. 140€ la nuit.

Côté table, deux adresses qui représentent les deux visages de la ville :

Orizon est la référence gastronomique boulonnaise — le repaire du chef Emmanuel Pillot, cuisine d'exception en 3, 4 ou 6 services, produits locaux de saison, cave à vins sérieuse, vue sur l'horizon boulonnais.

Le Châtillon, au cœur du quartier Capécure, c'est l'autre extrême et il vaut autant : le temple du poisson frais, ce que les chalutiers débarquent le matin même, dans un décor de bateau et une ambiance de criée où marins, dockers et gourmets se retrouvent autour de plateaux de fruits de mer et de turbots grillés.


Informations pratiques

  • Accès : 3h depuis Paris via l'A16, 1h30 depuis Lille via la N42, 2h20 en TGV depuis Paris

  • À combiner avec : Wimereux à 10 min au nord, le Cap Gris-Nez à 25 min


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